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PROPOSITION DE QUESTIONS POUR LA FOIRE AUX QUESTIONS POUR LE SITE INTERNET

1- Qu’est qu’une terre dégradée ?
Selon la Convention des Nations Unies pour la Lutte Contre la Désertification dans les Pays gravement touchés par la Sécheresse et/ou la Désertification, en particulier en Afrique :
-  L’expression "dégradation des terres" désigne la diminution ou la disparition, dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches, de la productivité biologique ou économique et de la complexité des terres cultivées non irriguées, des terres cultivées irriguées, des parcours, des pâturages, des forêts ou des surfaces boisées du fait de l’utilisation des terres ou d’un ou de plusieurs phénomènes, notamment de phénomènes dus à l’activité de l’homme et à ses modes de peuplement, tels que :
 L’érosion des sols causée par le vent et/ou l’eau ;
 La détérioration des propriétés physiques, chimiques et biologiques ou économiques des sols, et ;
 La disparition à long terme de la végétation naturelle ;
Selon la revue scientifique sur l’état de la dégradation des terres au Burkina Faso (2006), la notion de dégradation des terres est très élastique.

- Sous l’angle de la couverture végétale, en zone semi-aride, la dégradation des terres se traduit par son évolution négative soit un changement d’état ou de types de formation naturelles (par exemple de forêt boisée à forêt claire, ou de savane arborée à savane arbustive) ;

- Sous l’angle de la production agricole, elle se réfère essentiellement à une perte/baisse de productivité de la terre (Blaikie and Broofeld, 1987) soit une baisse des rendements liés à la perte de fertilité des sols ;

- Sous l’angle socio-économique, elle fait appel à la pauvreté perçue alors comme un impact ou une conséquence du phénomène ;

- Du point de vue politique, la dégradation des terres peut être liée à une insuffisance dans les politiques de développement ou de gestion/conservation des ressources naturelles (absence ou inadéquation de politiques de migrations de populations vers des terres plus productives, inadéquation des approches de développement, etc.).

En d’autres termes, la dégradation des terres correspond à une réduction des capacités de la terre à fournir des biens et des services à l’écosystème et à ses bénéficiaires.
Elle se caractérise par une diminution de la teneur en éléments organiques nutritifs des sols, qui entraîne une perte de fertilité et des bouleversements dans les systèmes de drainage des eaux. Elle est le produit des variations climatiques et des actions anthropiques conduisant à une altération des écosystèmes des zones arides.
Ce phénomène affecte à la fois la biodiversité et les conditions sociales et économiques des populations. Il met en péril les moyens de subsistance d’un milliard d’habitants sur Terre. Elle est liée aux phénomènes de désertification et de déforestation.

2- Quelles sont les différentes techniques de récupération des terres dégradées au BF ?
Il s’agit notamment de : les techniques de Régénération Naturelle Assistée (RNA), de Mises En Défens, les Digues filtrantes, les Cordons pierreux, les techniques de récupération des terres dégradées par économie d’eau de surface à savoir les Demi-lunes (manuelles et mécaniques), le Sous-solage, le Scarifiage toutes associées à des plantations, le zai agricole et forestier, le billonnage, le labour à plat ou cloisonnement, des bandes enherbées, etc…

3- Qu’est qu’une demi-lune ?
Une demi-lune est une structure mécanique semi-ouverte (cuvette) en demi-cercle qui permet de collecter l’eau de ruissellement et de favoriser son infiltration en créant une dépression à la surface des sols encroûtés. C’est une technique de récupération des sols dégradés par économie d’eau de surface.

4- Quelle est la technique (le procédé) de réalisation d’une demi-lune ?
Les demi-lunes se font par pivotement à l’aide d’un compas de 2 m de rayon. Les dimensions couramment utilisées sont : diamètre : 4 m ; profondeur : 0,15 à 0,25 m. elles sont réalisées sur les courbes de niveau préalablement tracées et les écartements sont de 8 m entre les lignes à partir du centre de la demi-lune et de 4 m entre les demi-lunes, soit une densité de 312 demi-lunes à l’hectare. Le nombre de poquets par demi-lune varie de 20 à 30. Elles sont disposées en quinconce, c’est-à-dire que la disposition de la deuxième ligne de demi-lunes se fait en décalant les demi-lunes par rapport à celles de la première ligne de telle sorte que les extrémités des demi-lunes sur les deux lignes successives soient toujours au même niveau.
Elles peuvent être réalisées manuellement à l’aide de pic, pioche et pelle ou à l’aide de gros engins (Charrue delphino) et ce en fonction du type de sol, de la superficie à couvrir et des moyens de mis en œuvre.

5- En quoi, la demi-lune permet-elle de régénérer une terre dégradée ?
La demi-lune permet de régénérer une terre jadis dégradée en ce sens que la cuvette confectionnée permet d’augmenter le stock d’eau du sol pour ainsi faciliter l’infiltration. En outre, cette infiltration permet de récupérer et de restaurer la fertilité des sols encroûtés propice à la restauration de la diversité biologique des agroécosystèmes.

6- Qu’est-ce qu’un cordon pierreux ?
Encore appelé diguette de pierres, le cordon pierreux est un ouvrage antiérosif constitué par un arrangement judicieux de moellons sur des courbes de niveau en une, deux ou trois lignes imbriquées. La largeur et la hauteur sont comprises entre 20 et 30 cm en moyenne. La distance maximale entre les diguettes varie avec la pente et est d’environ 20 m. La longueur estimée est d’environ 400 m/ha à cet écartement.

7- Quelle est la technique (le procédé) de réalisation d’un cordon pierreux ?
La technique de mise en place des cordons pierreux est la suivante :
• Tracer les courbes de niveau sur l’ensemble de la zone à aménager ;
• Rassembler les cailloux sauvages et moellons sur le site à aménager ;
• Creuser un sillon de 5 à 10 cm de profondeur sur a courbe de niveau (dans laquelle les cailloux seront déposés) pour bien les fixer ;
• La hauteur de l’ouvrage peut varier de 10 à 40 cm ;
• La largeur de l’ouvrage est fonction de la technique de construction adoptée (pierres dressées ou pierres alignées) et varie généralement entre 15 et 50 cm ;
• Aux extrémités des cordons il faut confectionner des ailes pour éviter que les eaux stockées ne se déversent par les extrémités ;
• Les écartements entre les lignes de cordons varient en fonction de la pente.

8- En quoi le cordon pierreux permet-il de récupérer une terre dégradée ?
Le principe des cordons pierreux est de freiner la vitesse des eaux de ruissellement, de favoriser leur infiltration au maximum dans le sol pour ainsi améliorer le bilan hydrique du sol ; il permet entre autre l’évacuation des eaux excédentaires et de favoriser l’accumulation des graines et de la matière organique entraînées par le vent et les eaux de ruissellement. Cela permet en même temps qu’elle réduit l’érosion hydrique, de récupérer les sols en améliorant leur productivité. Pour renforcer les cordons pierreux, on procède à la végétalisation qui consiste à associer une couverture végétale (herbacées ou arbustes fixateurs d’azote) à l’amont du cordon pierreux.

9- Qu’est-ce que le Zaï (« préparer à l’avance » en langue nationale mooré, Burkina Faso)
Le Zaï est une technologie traditionnelle de récupération des terres dégradées et d’adaptation au changement climatique par l’atténuation des effets de la sécheresse sur la productivité des terres. La récupération des terres dégradées et encroûtées à des fins d’usage agronomique ou agroforestière dans les zones arides et semi-arides permet d’améliorer la production agricole par l’augmentation des superficies cultivables et des rendements réduisant ainsi l’insécurité alimentaire induite par la variabilité climatique et la sécheresse.

10- Quelle est la technique (le procédé) de réalisation du zaï ?
Le Zaï agricole, consiste à creuser des cuvettes de 24 cm de diamètre et de 10 à 15 cm de profondeur. La terre excavée est déposée en croissant vers l’aval du creux et cela aide à capter les eaux de ruissellement.
Cette collecte d’eau est favorisée par l’impluvium constitué par les parties encroûtées restantes. Les lignes de Zaï doivent être décalées et perpendiculaires à la plus grande pente du terrain. La taille des cuvettes et leur espacement varient selon le type de sol et selon les régions : elles ont tendance à être plus grandes sur les sols gravillonnaires qui sont peu perméables que sur les autres types de sol (sablo-argileux ou limono-argileux). Les cuvettes de Zaï sont creusées pendant la saison sèche (novembre à mai). Le semis est réalisé après les premières pluies (20 mm).
Outre le Zai agricole, il y a celui forestier, dont les cuvettes sont de dimensions plus larges (poquet de 30 à 40 cm de diamètre sur une profondeur de 15 à 20 m). Cette variante de zai associe production agricole et protection de l’environnement à travers la restauration du couvert végétal.

11- En quoi le zaï permet-il de récupérer une terre dégradée ?
La technique de récupération des terres dégradées à travers le zai est la suivante : Les cuvettes piègent le sable, le limon et des matières organiques déplacés par les vents secs (harmattan) et aussi celle apportée par les paysans en quantité variable (une poignée d’adultes soit environ 300 g/trou) sous forme de fumier, de compost avant la période des semis et la paille en fin de saison de pluie.
On peut aussi augmenter la rétention en eau du sol et déclencher l’activité biologique du sol en recouvrant les espaces entre les trous de Zaï, de paillis si possible. Le Zai peut être renforcé par un cordon pierreux de protection qui est en général aménagé en amont du champ pour réduire la vitesse des ruissellements sur ces sols encroûtés.

12- Qu’est que la reforestation ?
La reforestation est une pratique par excellence d’atténuation au changement climatique car agissant comme puits de carbone donc d’absorption du gaz carbonique. La reforestation à des échelles importantes contribue à la régulation du climat et surtout des précipitations. Elle contribue également à la protection des sols, l’infiltration de l’eau et la recharge des nappes phréatiques. Elle prend en compte tout le processus allant de l’organisation de la plantation, le suivi et l’évaluation des plants et/ou semis en passant par le volet production des plants et les activités de plantation.

13- Qu’entend-t-on par gestion durable des terres (GDT) ?
Gérer durablement une terre, c’est d’y appliquer toute mesure, méthode ou activité jugée au sens où elle permet d’obtenir des résultats souhaités et les effets escomptés sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs.

14- Comment procède-t-on à la mise en terre d’un plant ? (Technique de reboisement)
Il y a deux types de plants à savoir les plants en pot et ceux à racine nue.
Aussi, la mise en terre d’un plant en pot, est la suivante :
 Le plant en pot est délicatement couché à côté du trou de la plantation. A l’aide d’un outil tranchant (couteau par exemple), on réalise au centre du trou préalablement rebouché une ouverture dont les dimensions correspondent exactement à celle du sachet plastique. Le collet du plant doit correspondre exactement au niveau du sol.
 On rebouche ensuite le plant sur le sol et à l’aide d’une lame ou tout autre objet tranchant (couteau, lame de rasoir,.), on découpe le fond du pot, sur une épaisseur d’environ 2 à 4 cm.
 Cette opération est indispensable pour supprimer les racines qui se sont enroulées dans le fond du pot., et permettre ainsi un redémarrage de la croissance racinaire vers les couches les plus profondes.
 On incise ensuite le sachet, plastique ainsi débarrassé de sa partie inférieure sur toute sa hauteur ; on écarte légèrement les bords du sachet afin que la feuille plastique n’adhère plus à la terre du pot. Cette succession de manipulation est toujours réalisée avec le plant couché sur le sol.
 On dépose ensuite délicatement le pot, toujours entouré de la feuille plastique dans le trou préparé au préalable. On procède de la sorte afin de garder intacte la motte de terre qui entoure la racine du plant.
 Une fois le plant dans le trou, on dépose un peu de terre autour du pot pour le maintenir droit et on enlève enfin complément ce qui reste de l’enveloppe plastique en la tirant vers le haut.
 On ôte complètement l’enveloppe plastique pour favoriser au maximum la croissance du système racinaire pivotant en latéral qui permettra au plan de se développer dans de bonnes conditions.
 On rebouche complément le trou en prenant soin de bien tasser la terre autour du plant tout en créant une légère dépression qui permettra de retenir l’eau au profit du plant.
o Pour les plants en racines nues :
Les plants en racines nues étant particulièrement sensibles à l’action du vent et du sol, on les protège avec des feuilles avant leur mise en terre qui se présente comme suit :
 Le plant est déposé à cote du trou.
 A l’aide d’un coupe-coupe ou d’un objet tranchant droit, on réalise au centre du trou préalablement rebouché une ouverture dont la profondeur sera de 5 à 10 cm.
 Le plant est maintenu légèrement au-dessus du collet par une main.
 Il est placé dans le trou de manière à ce que le niveau du collet corresponde exactement au niveau du sol.
 On s’assurera que le chevelu racinaire est bien orienté vers e bas et qu’il ne touche pas le fond du trou.
 De la main libre et à l’aide d’une daba on ramène progressivement la bonne terre autour des racines du plant et on tasse régulièrement le sol de manière à éviter toute formation de poche d’air autour des racines.
 Tout au long de cette opération on évitera de bouger la main qui soutient le plant afin de ne pas modifier la position du collet par rapport au niveau du sol.

15- Comment le reboisement permet-il d’enrichir les sols et donc, de récupérer des terres ?
Le reboisement permet d’abord d’améliorer la structure et la texture du sol notamment à travers la stabilisation (sols érodés ou en phase d’érosion). Elle permet d’enrichir les sols en ce sens que la décomposition des feuilles mortes qui tombent des arbres produisent de l’humus et/ou de la litière, riche en matières nutritives et propice à toute activité agricole, agroforestière ou pastorale ;

16- Quel est le rôle de l’IGMVSS dans la lutte contre la désertification ?
L’IGMVSS a pour mission de combattre la désertification, la dégradation des terres et la sècheresse (DDTS), à améliorer la résilience des écosystèmes au changement climatique et la sécurité alimentaire dans la région sahélo-saharienne. C’est dans ce cadre que dans le domaine de la lutte contre la désertification, elle met en œuvre des actions et des mesures de gestion durable des terres qui ont montré leur efficacité dans des domaines comme la conservation des eaux et des sols, la gestion durable et la restauration des forêts et systèmes agro sylvo pastoraux, l’agroforesterie, l’agriculture familiale, la gestion des parcours pastoraux, le foncier, l’énergie, ainsi que dans divers domaines offrant des alternatives à la gestion minière des ressources naturelles, à travers les services techniques centraux, déconcentrés du secteur rural et avec l’accompagnement des Projets/Programmes, OSC,ONG et AD,…

17- Quel est le rôle des populations dans la protection de l’environnement ?
Le rôle des populations dans la protection de l’environnement est essentiellement de mettre en œuvre les bonnes pratiques (surtout organisationnelles (activités de surveillance)) à elles enseignées par les techniciens et aussi de toujours travailler en synergie avec eux (consulter périodiquement pour tout manquement et/ou problème constaté) ;

18- Quel rôle des collectivités ?
Les collectivités doivent surtout accompagner les services techniques dans l’aménagement et à la gestion durable des Ressources Naturelles et Environnementales dans les communes et régions et également veiller à entreprendre des activités entrant dans l’amélioration du cadre de vie des populations comme les aménagements paysagers et les créations de forêts communales et d’espace de conservation.
• Participer à la création et à la gestion participative des espaces de conservation ;
• Percevoir les taxes liées à l’exploitation des ressources forestières et fauniques transféré
• Participer à la définition des stratégies de collecte des ressources financières ;
• Exercer la maîtrise d’ouvrage déléguée ;

19- Quel est le rôle des services techniques
Les services techniques ont pour rôle de :
• Élaborer et mettre en œuvre les politiques et stratégies nationales en matière de gestion durable des Ressources naturelles renouvelables ;
• Élaborer des dispositions juridiques et institutionnelles pour une gestion durable des ressources forestières et fauniques ;
• Gérer durablement le patrimoine forestier national (constitution et classement) ;
• Coordonner les activités de lutte contre la désertification et les autres causes de dégradation de l’environnement ;
• Élaborer une stratégie d’appui- conseil et d’accompagnement des acteurs ;
• Élaborer les normes de gestion durable des ressources forestières et fauniques ;
• Suivre et évaluer les interventions des différents acteurs ;
• Suivre la mise en œuvre des conventions internationales ratifiées par le Burkina Faso en matière de forêts et faune
• Développer la concertation entre les acteurs ;
• Coordonner le renforcement des capacités des acteurs ;
• Capitaliser et diffuser les résultats des expériences réussies en matière de gestion durable des ressources forestières et fauniques ;
• Élaborer les documents de reconnaissance des organisations socioprofessionnelles ;
• Animer les cadres de concertation ;
• Participer à la gestion des conflits liés à l’utilisation des ressources forestières et fauniques ;
• Accompagner les différentes structures dans la production des actes administratifs
La gestion durable des ressources forestières et fauniques nécessite une synergie d’actions entre les différents acteurs impliqués

Ouagadougou, le 30 septembre 2018
L’ATN Communication
Fabrice Yi-Bour BAZIE

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